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Ethique de l'entreprise " Le microcrédit est-il vraiment éthique" - Travail de groupe 2010 - ULB
Le microcrédit est un modèle économique innovant et indispensable pour lutter contre la pauvreté. Il peut être considéré comme un levier novateur pour les pays en voie de développement tout comme pour les pays développés. Selon l'idée de Muhammad Yunus, le microcrédit se doit d'avoir un but social afin d'éradiquer la pauvreté dans le monde et d'endiguer le problème du chômage. Pas un seul instant Yunus n'a imaginé que les programmes s'adressant presque exclusivement aux femmes entraineraient, dans certains cas, des déviances conduisant à l'augmentation de la vulnérabilité de celles-ci ou de la violence domestique. Le constat de ces 10 dernières années met en avant le côté de plus en plus commercial des organismes de microcrédit, résultant du fait que ces organismes doivent assurer leur pérennité dans le temps. La Banco Compartamos, une institution à finalité non lucrative avec des objectifs sociaux au départ, se voit brasser d'importants bénéfices ; afin d'atteindre des objectifs d'efficience, elle est entrée sur le marché des capitaux de façon détournée. Cette conduite remet en question son statut d'organisation sociale ainsi que l'adéquation de la distribution des profits. Par contre, en Europe, le microcrédit est très insuffisamment développé. À l'exception de la France et de la Roumanie, il n'y a pas encore de législations spécifiques concernant le microcrédit. En France, ce dernier génère des résultats positifs et sa structure pourrait être un modèle à adopter par les autres pays européens. Une collaboration entre l'ADIE (la principale institution de microcrédit en France) et BNP Paribas en vue de faciliter l'octroi du microcrédit aux exclus bancaires est un exemple concret de la coopération entre les institutions bancaires et non bancaires. Cependant, les avis sont mitigés concernant les profits générés par ces institutions bancaires et les conditions que les emprunteurs doivent respecter pour pouvoir obtenir un prêt. La dernière partie énumère et explique, sans prétention exhaustive, les enjeux des différentes questions éthiques rencontrées en traitant avec une institution de microcrédit. Le but est d'évaluer la mesure dans laquelle une activité respecte un certain nombre de valeurs et principes. Certains problèmes sont rencontrés dans les pays du Sud alors que d'autres sont propres aux pays du Nord. Les questions d'éthiques développées sont principalement axées sur l'aspect externe du microcrédit, c'est-à-dire l'impact des activités des institutions de microcrédit sur les emprunteurs.
Conclusions
Dès lors, les études de cas de notre travail nous ont amené à nous poser les questions éthiques essentielles relatives à la microfinance. Pour la plupart, il s'agit surtout de résoudre l'apparent paradoxe qui existe entre le but social et la recherche de profits. Cependant, il serait bien pessimiste de considérer que l'on ne peut allier les deux. Nous avons montré, en tentant de répondre à ces questions, qu'à condition de respecter certaines règles et d'adopter certaines valeurs, il était possible de faire du microcrédit éthique. Rappelons que les cas que nous avons étudiés ici ont été choisis pour les problèmes éthiques qu'ils posent, mais qu'il existe, au delà de ceux-ci, des IMFs absolument indispensables aux populations et dont le fonctionnement est tout à fait correct. Il nous apparait alors évident que la microfinance s'imposera comme un modèle économique incontournable de la lutte contre la pauvreté pour les années à venir. La citation de Jacques Attali résume sur ce point parfaitement nos propos : « Aux côtés des trois piliers du développement que sont la démocratie, l'éducation et les infrastructures, la microfinance est de plus en plus considérée comme un instrument clé pour la mise en place de stratégies efficaces de lutte durable contre la pauvreté » Jacques Attali, président de PlaNet Finance
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