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Ethique des bourses - Travail de groupe 2006
Responsable du groupe : Pierre Rousseaux
Membres du groupe : De Munck Gilles, De Noyette Delphine, Doumit Pierre, Falguière Mathieu, Govaerts Diane, Görtz Nicolas, Lefevre Fabrice, Posa Tatiana, Varlamoff Marc, Verstraeten Tatiana.
Résumé du travail
Avec l’émergence de mouvements alter mondialistes, analysant les excès et les dérives du capitalisme, nombreux sont ceux qui actuellement s’interrogent, voire même, critiquent des concepts intangibles tels que la Bourse, l’influence prédominante des fonds de pension, la spéculation mais questionnent également le rôle des gestionnaires ou des dirigeants d’entreprise.
L’objectif de notre travail est de s’interroger sur l’aspect éthique des marchés de change actuels, sachant que ceux-ci ont intégré et parfois même pallié aux critiques qui pouvaient leur être adressées par le passé. Dans la première partie de ce travail, nous nous intéresserons à la notion d’investissement socialement responsable. Bien que sa définition exacte soit floue - signe d’un mouvement encore en plein essor - il est communément accepté que ce type d’investissement ne se focalise plus uniquement sur l’espérance de gain élevé mais également sur les préoccupations éthiques, sociales ou environnementales des entreprises dans lesquels les fonds sont investis. Ce type d’investissement, surtout présent aux Etats-Unis et en Europe, se pratique par diverses méthodes que nous détaillerons dans le présent document.
La seconde partie du travail, reposant sur l’analyse statistique, nous amène à nous interroger sur l’existence de différences de rendements entre les indices « standards » et les indices dits « éthiques ». S’il semble admis que les indices standards ne sont pas d’avantage significatifs par rapport aux indices éthiques du point de vue du rendement, toutes les études ne convergent pas quant à la problématique du risque. Intuitivement, en nous basant sur la théorie développée par Markowitz, nous dirions que le risque d’un portefeuille d’actions décroît avec la diversification. Considérant que toutes les entreprises ne répondent pas aux normes éthiques, il est évident que le panel d’entreprises susceptibles d’attirer les investissement éthiques est restreint, restreignant ainsi la possibilité de diversification et donc celle de diminuer le risque.
Parallèlement à l’émergence des fonds et indices éthiques se développe un autre mouvement : celui des fonds de pension. Le principe consiste à regrouper des caisses de retraites de salariés d’entreprises publiques ou privées et à investir ces montants en Bourse. Ces fonds sont gérés par des professionnels de la gestion dont le contrat était et est toujours de « maximiser » l’investissement, ce qui équivaut à gérer l’investissement de façon à en tirer un maximum de profit qui reviendrait (moyennant frais de gestion) aux salariés. Nous voulons souligner ici le dilemme auquel font face les gestionnaires de portefeuilles : en effet, ce type de gestion « maximisante » requiert de se baser sur des critères exclusivement financiers, parfois au détriment d’aspects plus qualitatifs - intuitivement moins rémunérateurs . Néanmoins, avec la multiplication des fonds éthiques s’est opéré un déplacement de la responsabilité du placement du gestionnaire vers les salariés épargnants, qui ont maintenant la possibilité d’imposer que leurs fonds soient investis « éthiquement ».
La dernière partie du travail approfondit le thème des technologies de l’information et leur rôle de facilitation transactionnel. Toute personne munie d’un ordinateur relié à Internet peut aujourd’hui se croire investisseur. Fasciné par la rapidité et l’apparente simplicité de la gestion d’un portefeuille d’actifs, le petit investisseur aura tendance à rechercher le profit maximal en un temps minimal (en somme, à spéculer) ce qui forcément le détournera des investissements éthiques, où une vision à long terme s’impose.
Enfin, cette révolution technologique facilite grandement le financement des entreprises qui ont désormais accès, non plus à un public quasi exclusivement composé d’initiés, mais à la manne financière que représentent les petits investisseurs. Sous prétexte de transparence, les entreprises utilisent donc les nouvelles technologies, tant pour informer l’investisseur potentiel que pour exploiter son absence de connaissance dans le domaine.
Conclusions
Ainsi, après avoir parcouru les différents aspects que recouvre l’investissement socialement responsable, nous nous sommes concentrés sur des aspects plus statistiques liant les domaines de l’éthique et des marchés financiers. Bien que les études soient encore relativement peu nombreuses et contradictoires, il nous a été permis de constater que ni les rendements ni les risques, sur une période de 5 ans s’étalant de 2000 à 2004, ne sont significativement différents si nous comparons l’indice Ethibel Global et le S&P1200 sur cette période. Par contre, sur cette même période de 5 ans, l’indice « Voyou » qui a été constitué a nettement surperformé le marché.
Nous avons ensuite analysé la problématique affectant les gestionnaires de fonds de pension dont le contrat est de maximiser le profit avec l’argent qui leur est confié. Alors qu’il était autrefois de leur responsabilité d’investir ou non dans des fonds « éthiques », cette responsabilité, avec la multiplication de ces fonds alternatifs, s’est déplacée vers les salariés qui ont désormais la possibilité d’exiger que leur argent soit investi d’une manière responsable. Nous avons ensuite opéré à un élargissement de la problématique des gestionnaires de fonds en la déplaçant sur le terrain des dirigeants d’entreprise qui semblent écartelés entre les intérêts des actionnaires et ceux des stakeholders, intuitivement divergents. A nouveau, nous constatons que ces deux intérêts ne sont pas incompatibles et qu’ils semblent même complémentaires sur le long terme.
La dernière partie du travail s’est attardée sur le rôle particulier joué par l’information. En effet, selon la théorie d’efficience des marchés, celle-ci s’incorpore directement au prix, quelle que soit sa véracité. A cela s’ajoute que les technologies récentes permettent à chacun d’accéder aux marchés de change très facilement. Cette apparente facilité d’accès a pour effet pernicieux de se transformer, dans l’esprit de l’investisseur moyen, en une facilité à accéder au profit. Or, toute information récoltée par le petit investisseur est inévitablement passée par divers filtres qui ont d’abord assuré leurs positions avant de retransmettre l’information.
Enfin, les nouvelles technologies de l’information permettent aux entreprises demandeuses d’investissement de créer une vitrine de vente, où elles exploitent l’absence de connaissances dans le domaine financier des investisseurs non expérimentés qui finissent noyés sous le flux d’information.
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