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Business des religions - Travail de groupe 2007
Responsable du groupe : Ammarkhodja Brahim
Membres du groupe : Barber Nicolas, Chao Yen-Ly, De Cuypere Maarten, de Walque Grégory, Jermoumi Youne, Prado Jorge, Cutsem Lorenzo, Wang An-An.
Résumé du travail
Le business des religions implique donc de faire de l’argent avec la religion. Nous savons que ce ne devrait pas être le premier objectif mais cela signifie-t-il que ce n’est pas éthique ? Une organisation cultuelle a besoin de financement comme toute entreprise. Nous estimons que le mode de financement n’est pas éthique lorsqu’il n’y a pas redistribution des revenus, pas de transparence au niveau de la gestion de ces derniers et lorsque les fidèles sont d’une manière ou d’une autre manipulés. Plusieurs cas sont traités et divisés en deux parties : un business né des pratiques religieuses existantes et un business créé avec utilisation d’une religion comme concept, fonds de commerce.
Des enquêtes nous montrent qu’aux Etats-Unis une majorité des citoyens croient en Dieu, en tout cas pensent qu’Il existe. La culture américaine veut que tous les hommes politiques et les personnalités publiques en général portent à la connaissance de tous leur appartenance religieuse et leur congrégation. Au sein du protestantisme, les évangélistes se sont développés d’une manière extraordinaire tant au niveau de la taille de leurs églises qu’au niveau de la variété de leurs sources de revenus et du nombre de fidèles. Ils se réunissent dans des « mega churches », achètent des objets sur leurs sites web et les pasteurs sont de véritables vedettes voire des stars de télévision. D’autres exemples illustrent ce consumérisme chrétien et cette industrie grandissante. Les pèlerinages sont des passages importants dans la vie de certains croyants musulmans et catholiques mais ils représentent également des enjeux économiques importants. La question est de savoir à qui cela profite et combien cela coûte aux fidèles ? Des millions de musulmans effectuent chaque année le pèlerinage à la Mecque, nous savons que chaque fidèle doit l’effectuer au moins une fois dans sa vie. Des chiffres considérables de cette activité en ressortent et consistent essentiellement en frais pour les pèlerins tels que les coûts des visas, des hôtels, des transports, etc.
Tout ceci se compte en milliards d’euros qui, étonnamment, échappent complètement aux mains de professionnels du tourisme en Europe. Nous pouvons alors nous imaginer la désorganisation de ces voyages, les frais inutiles et les politiques de visas douteuses. Est-ce que les organisateurs (certains Imams et rabatteurs) agissent de manière éthique ? La ville de Lourdes accueille également des millions de visiteurs chaque année. Les hôtels, les magasins de souvenirs, la vente de l’eau ou d’articles sacrés sur Internet sont des sources de revenus colossaux pour ces commerçants. La réflexion éthique se base de nouveau sur l’industrie qui en découle et qui sort du cadre religieux. Cathomobiles est né en France et est le premier concept d’évangélisation et de prière sur téléphone mobile. L’entreprise permet à toute personne, de recevoir par SMS une parole de la Bible. L’idée est de proposer à chacun une pause pour une prière ou une méditation, au quotidien, pour progresser dans sa foi. Vu les coûts de l’entreprise comparés aux prix tout à fait raisonnables de ses services, nous pouvons penser que nous ne sortons pas, dans ce cas, du cadre de la religion, de la foi. La tradition hindoue donnant lieu à l‘offrande de cheveux a suscité autour d’elle le développement d’un business.Ce dernier donne lieu à d’importants revenus pour les religieux. Cependant, ces derniers affirment consacrer l’intégralité de ces revenus au culte. De plus, on ne peut dire qu’il y a manipulation de la part des prêtres vu le caractère millénaire de la tradition. Le rôle des entreprises est assez classique, avec comme première préoccupation la recherche de revenu. Même si ce point n’est pas contraire à l’éthique, on peut déplorer le caractère pervers de certaines pratiques, tel que faire payer la tonte des cheveux.
Conclusions
Depuis plusieurs décennies, nous assistons à une mondialisation économique portée par le développement des technologies de l’information et de la communication. Ce phénomène a répandu le modèle de développement capitaliste partout à travers le monde et l’économie semble s’infiltrer dans toutes les sphères de la vie. Ainsi, on en vient à faire des projets de commercialisation de la vie humaine à travers la vente d’embryons ou à créer une bourse où les Etats peuvent acheter des permis de polluer. Le développement des nouvelles technologies.
Notre travail nous a montré que même la religion, domaine sacré par excellence, n’échappait pas à l'immiscion en son sein de l’économie de marché. Ainsi, que ce soit chez les évangélistes américains ou le pèlerinage à la Mecque, la foi des croyants peut représenter une source de profit attrayante. Cependant, toute commercialisation autour d’un culte ne peut être jugé non éthique par substance et, selon les critères d’évaluation que nous avons appliqués systématiquement, certains cas portent plus à controverse que d’autres. Il est aussi important de faire la distinction entre le point de vue des agents économiques et celui de la religion. D’un point de vue économique, rien ne s’oppose à priori à l’application des lois du marché à des « business » autour d’un culte, car celles-ci mènent en théorie à plus d’efficience dans les relations économiques et donc, à plus de bien-être pour toutes les parties prenantes. Le pèlerin qui se procure une fiole d’eau « miraculeuse », par exemple, ne fait que satisfaire un besoin spirituel et l’échange économique lui permet d’arriver à cette satisfaction. Cependant, certains cas que nous avons analysés montrent que certains procédés douteux comme la désinformation (cf. eau de Lourdes), à distinguer avec le manque d’information propre à toute activité économique, et le trafic illégal (cf. les visas pour La Mecque) ne peuvent en aucun cas être tolérés du point de vue éthique, quelle que soit l’activité économique.
Si la question des liens entre l’argent et la religion s’est posée très tôt dans l’histoire de certains cultes et, de manière parfois conflictuelle, le contexte actuel oblige les cultes à réagir différemment. Ainsi, dans un monde où la réussite économique et sociale est quasiment un modèle universel. Toutes les grandes religions reconnaissent qu’elle est un moteur essentiel de la société et pour certaines, comme le protestantisme, elle peut être signe d’une bénédiction divine. Néanmoins, notre travail nous a montré des exemples d’enrichissement personnel scandaleux basé sur l’exploitation de la foi de croyants (cf.évangélistes). Si la personne qui profite de cette exploitation est un meneur d’un courant religieux, il est sûr que celui-ci perdra toute crédibilité et que beaucoup de croyants se détourneront de cette croyance. Cependant, même si une religion est en dehors d’un phénomène commercial non éthique qui exploite la foi de ses fidèles, elle semblera toujours complice de cette activité, jugée coupable d’avoir laissé entrer « les marchands dans le temple ».
En guise de conclusion, nous pouvons affirmer qu’à la lumière de nos critères d’évaluation (transparence, enrichissement personnel, manipulation), « efficience économique sans conscience éthique n’est que ruine de l’âme ».
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