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Ethique et nouvelles puissances - Travail de groupe 2008
Membres du groupe : Amaury Carprasse - François Cordonnier – Sarah Dellisse – Jean Friesewinkel – Nicolas Goessens – Olga Khoubaeva – Laurent Lonys – Lanm Ngyuyen – Amelie Ruelle – Olivier Watteeuw
Résumé du travail
Dans ce travail, nous abordons la question de l’éthique des entreprises confrontée aux nouvelles puissances. Dans un contexte de globalisation de l’économie, ces dernières nouvelles puissances représentent aujourd’hui des points de passage incontournables, et leur impact se fait sentir dans l’ensemble de nos économies.
Les entreprises, face à ces géants que sont l’Inde, la Chine, la Russie et le Brésil, sont désormais quotidiennement confrontées à des différences culturelles majeures, et ces différences ajoutent une complexité supplémentaire aux choix qu’elles doivent effectuer. Ces différences culturelles se traduisent notamment par des divergences sur les questions éthiques, et ce dans tous les domaines. Pour aborder ce sujet vaste et complexe, nous avons donc choisi de structurer notre travail autour de la notion de Développement Durable, qui regroupe trois grands volets distincts mais interconnectés : l’économique, le social et l’environnemental.
Après avoir rappelé quelques éléments de contexte dans l’introduction, nous présentons dans ce rapport des exemples de questions éthiques auxquelles les entreprises sont confrontées face aux nouvelles puissances.
Sur le plan économique, nous présentons d’abord des exemples liés aux différences de régimes légaux dans les pays émergents : la question de la propriété intellectuelle et particulièrement celle des brevets pharmaceutiques, et la question du soutien de régimes non-démocratiques. Ensuite, nous évoquons les questions de fonds souverains, qui éveillent ces dernières années des inquiétudes par rapport au manque de transparence en termes d’objectifs, économiques ou politiques. Nous concluons ce chapitre en abordant la question des délocalisations et de leurs impacts sur les économies des pays concernés.
Sur le plan social, nous abordons naturellement la question des droits de l’Homme dans les pays émergents. Les politiques de l’Inde, du Brésil, de la Chine et de la Russie promeuvent souvent le développement économique au détriment de certains droits de l’Homme. Les questions éthiques ne peuvent s’envisager sans tenir compte de la vision culturelle historiquement différente de ces pays, mais aussi de l’influence occidentale sur leur comportement. Qui plus est, leur importance économique est telle qu’ils ne peuvent aujourd’hui plus être boycottés, ce qui mène à des relations ambigües où les exactions des nouvelles puissances sont mises de côté. Nous présenterons dans ce chapitre l’exemple des fournitures d’armes dans les conflits et des violations des droits de l’Homme, notamment par la Russie et la Chine. Concernant les droits des travailleurs, nous mettons en évidence les harcèlements physiques et psychologiques dont ils sont victimes afin de limiter leur liberté d’expression et d’association. Nous parlons enfin de l’important exode rural nécessaire à la recherche d’un emploi en Chine, ainsi que du système de rééducation par le travail.
Sur le plan environnemental enfin, nous analysons le comportement écologique des quatre pays. Nous verrons que celui-ci dépend fortement du pays et de ses lois. Nous montrons quelques exemples précis dans les domaines de la pollution de l’air et notamment la question des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution des eaux souterraines et fluviales et de la déforestation massive qui peuvent mettre en danger les écosystèmes, des biocarburants qui créent une pression sur les cultures agricoles, et enfin nous abordons brièvement la question du braconnage, trop souvent toléré par les pays émergents pour des raisons économiques, au détriment de la biodiversité.
Enfin, à l’issue de ces trois parties, nous concluons ce travail avec quelques questions ouvertes et pistes de réflexion.
Conclusions
Les grandes puissances émergentes ont récemment acquis un statut important dans les hautes sphères financières de l’Europe. Le principal problème éthique posé par cette ascension correspond au manque de transparence de ces capitaux. Les réactions actuelles sont cependant à envisager de différents points de vue. L’Europe retomberait-elle dans des travers protectionnistes et tendrait vers une attitude de limitation des arrivées étrangères ? Le contrôle d’entreprises quelconques par des pays à la démocratie douteuse constituerait-il un réel danger ? La politique des pays tels que le Brésil, l’Inde, la Chine ou la Russie favorise leur croissance et leur développement économique au détriment des droits de l’Homme. Les exemples sur les droits des travailleurs, des droits terriens ou bien l’export d’armes montrent que leur développement économique est plus important que le respect des droits individuels. Il est clair que la culture de ces pays fait qu’ils ont une autre vision des valeurs fondamentales occidentales. Est-ce que la croissance économique doit avoir plus d’importance que la condition de vie des Hommes ?
Certains exemples montrent aussi que ces droits individuels sont bafoués pour permettre aux entreprises occidentales de s’implanter sur leurs marchés. Celles-ci offrent en effet des conditions attrayantes, mais où règnent de nombreuses violations des droits des citoyens. Les entreprises occidentales doivent-elles profiter de cette situation et fermer les yeux sur ces pratiques ou alors éviter leurs meilleures opportunités de développement économique ?
Face aux problèmes environnementaux liés à leur forte croissance, les nouvelles puissances ont réagi à des degrés divers, que ce soit par la création d’agences ou de ministères de l’environnement ou par la mise en place de mécanismes incitant à la préservation des ressources naturelles. Pour autant, ces mesures restent largement insuffisantes en regard de leur impact sur l’environnement. Imposer depuis l’Occident des normes en matière de pollution n’est pas efficace : les pays émergents jugeant nos considérations écologiques comme autant de freins à leur croissance ; eux aussi ont le droit de parvenir à un niveau de vie semblable au nôtre ! La nécessité est donc absolue de mener des débats éthiques au plus haut niveau – OCDE, Nations Unies – afin de sensibiliser les pays émergents aux défis que représentent pour le 21e siècle la préservation du milieu nature. Et d’ainsi définir des valeurs communes, des objectifs équilibrés entre pays occidentaux et nouvelles puissances.
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