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L'éthique du travail dans le contexte des délocalisations - Travail de groupe 2008
Membres du groupe : ELORRIETA José - LECLERQ Daphnée - HINGEL Thomas - MENDE Hamza - MOHAMMAD Ishtiaq - MOUHAL Kawtar-Mona - PARADELA Belarmino - SOO Alan
Résumé du travail
La délocalisation des entreprises est un sujet incontournable dans le contexte actuel de la mondialisation. Ce phénomène a pris son essor au début des années 70 et, depuis ces dernières années, il s’est véritablement accéléré. Ainsi, cette tendance fait de plus en plus partie du paysage économique actuel. Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme un outil majeur pour maintenir la compétitivité et la productivité des entreprises.
Cependant, les délocalisations ont suscité un certain nombre d’inquiétudes auprès des pays industrialisés qui voient partir leurs entreprises. En effet, aujourd’hui beaucoup d’activistes antimondialisation dénoncent ce phénomène. Ils mettent en exergue le facteur aggravant du chômage que connaît l’ensemble des pays occidentaux, conséquence principale des maigres possibilités de reconversion laissées aux personnes peu qualifiées. Ces entreprises sont également confrontées à certains problèmes éthiques, notamment dans les domaines des conditions de travail (travail des enfants), de l’environnement, de la corruption et de confidentialité.
La délocalisation des entreprises représente aussi une véritable source d’avantage compétitif pour le pays d’origine mais aussi une opportunité de développement économique pour les pays d’accueil. D’un point de vue strictement économique, la contribution des multinationales dans ces pays, souvent endettés, entraînera une augmentation des salaires et, in fine, l’amélioration des standards de vie des pays en voie de développement. Il relève dès lors du devoir de l’entreprise, par l’implémentation effective des réglementations auxquelles elle adhère, de faire en sorte que ces délocalisations soient bénéfiques pour toutes les parties prenantes.
Dans la première partie de cette étude, nous définirons préalablement le phénomène des délocalisations, les concepts qu’elles englobent ainsi que les raisons qui poussent les entreprises à de telles pratiques. La seconde partie traitera brièvement des avantages et désavantages des délocalisations avant d’aborder la problématique éthique sous-jacente ; nous avons décidé d’analyser cinq thèmes récurrents à l’éthique du travail en matière de délocalisation : le licenciement collectif, les questions liées à l’environnement, le travail des enfants dans les pays d’accueil et finalement la corruption et la confidentialité des données. Enfin, nous conclurons le rapport.
Conclusions
Les problèmes éthiques dans le contexte de globalisation ayant déjà bien été analysés en longueur dans ce rapport, nous dédierons cette conclusion aux arguments en faveur des délocalisations mais toujours, bien sûr, dans la sphère de l’ « Ethique ».
Faut-il avoir peur des délocalisations ? D’après la revue Problèmes économiques, les délocalisations ne sont pas pour l’instant un phénomène statistique préoccupant et leurs effets sur la capacité industrielle du pays comme sur l’emploi sont extrêmement limités ; en effet, selon la Direction des relations économiques extérieures du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, les délocalisations européennes auraient représenté en 1999-2000 moins de 5% des investissements sur les pays proches (PECO, Pays d’Europe Centrale et Orientale) et moins de 1% sur les marchés lointains. II convient également de mentionner que les secteurs potentiellement soumis aux délocalisations ne sont pas les seuls à avoir connus une chute importante de l’emploi.
Cependant, ce mouvement, bien que limité, n’est pas non plus à négliger. En effet, l’industrie manufacturière, principalement le secteur du textile et du cuir, possède une masse salariale de type traditionnelle qui ne peut se reconvertir facilement dans d’autres activités.
Rappelons que la principale raison des délocalisations est la minimisation des coûts afin de rester compétitif dans le contexte contemporain de mondialisation. Cette situation se justifie surtout pour les entreprises qui pratiquent la forme de délocalisation destructive ; en effet, elles sont généralement contraintes, pour des raisons de survie, de délocaliser leur production et ce, afin de rester compétitives dans des secteurs fortement concurrentiels et/ou qui font face à de mauvaises conjonctures dans les secteurs considérés. La délocalisation est donc une réaction normale pour faire face à ces situations. La rigidité des salaires à la baisse et l’importance de l’influence syndicale dans les pays industrialisés font des délocalisations un passage obligé pour la survie de certaines activités.
Il convient également de signaler qu’il existe plusieurs dispositifs légaux et éthiques forçant la responsabilisation des entreprises. Les chartes éthiques, codes de conduites, audits et évaluations externes, règlementations du travail et bien d’autres, sont autant de catalyseurs des excès éventuels engendrés par les délocalisations. En outre, il n’est pas rare de voir des entreprises réellement soucieuses des bonnes pratiques à adopter; en effet, dans beaucoup d’industries (de consommation), le principal jugement qui compte, c’est le regard du consommateur, en d’autres mots l’image publique que l’entreprise renvoie, non seulement aux consommateurs d’ailleurs, mais aussi aux actionnaires, fournisseurs et tout autre acteur qui gravite autour des activités de l’entreprise. Le consommateur moderne, voire même postmoderne, ne se soucie plus uniquement des achats qu’il fait, mais évalue les activités de l’entreprise dans son ensemble. Ainsi par exemple, les labels écologiques (toute la série ISO14000 ou encore l’achat de certificats verts dans le secteur des énergies « propres ») les labels « fair trade » et tout autre genre de certifications sociales offrent la garantie que les produits ont été délivrés aux consommateurs dans le respect de l’environnement et des conditions de travail dans ce cas.
Toute cette réflexion nous amène donc à la conclusion que les délocalisations ne sont pas nécessairement toutes condamnables et qu’il existe, dans les pires des cas, des dispositifs incitant la responsabilisation sociale et environnementale des entreprises.
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