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Ethique et utilisation des cellules souches à des fins thérapeutiques et commerciales - Travail de groupe 2008


Membres du groupe : Mathias Baum - Oussama Bidara - Aline Caes - Ariane Frère - Marion Gallerand - Raphaël Hamelrijckx - David Lefort - Florian Müller-Behrendt

Résumé du travail

De plus en plus, nous entendons parler des cellules souches et des problèmes éthiques qu’elles soulèvent. Pour pouvoir en débattre, il est indispensable de savoir ce qu’est une cellule souche et ce qu’elle peut offrir.

Les cellules souches sont des cellules ayant la capacité de se diviser et de se spécialiser en d’autres types de cellules. Ces caractéristiques les rendent prometteuses pour la médecine. Leur capacité d’auto-régénération permet de guérir, à l’heure actuelle, des maladies du sang et offre l’espoir de pouvoir guérir des maladies dégénératives telles que Parkinson et Alzheimer. Il existe différents types de cellules souches. Les cellules embryonnaires présentent le plus grand potentiel pour la médecine. Au cours du développement humain, les cellules souches perdent une part de leurs capacités. Dès la naissance, nous parlons de cellules souches adultes. Parmi celles-ci, nous différencions les cellules du cordon ombilical, qui présentent un plus grand potentiel de différenciation, des autres cellules du corps humain. Malgré le plus grand potentiel des cellules souches embryonnaires, à l’heure actuelle, nous utilisons principalement les cellules souches adultes. Les cellules souches embryonnaires soulèvent, en effet, un problème éthique puisqu’elles nécessitent la destruction d’un embryon humain. 

Nous traiterons les problématiques des cellules souches adultes, des brevets et, finalement, celles des cellules embryonnaires. Les problèmes soulevés par les cellules souches adultes concernent les banques privées et les bébé-médicaments. Peut-on conserver le sang de son enfant dans un frigo alors que d’autres enfants pourraient en avoir besoin ? Peut-on créer un enfant dans le but d’en sauver un autre ? Pour ce qui est des brevets : Peut-on mettre des barrières dans la recherche médicale ? Peut-on breveter quelque chose de vivant, lui conférant, de ce fait, une valeur marchande ? En ce qui concerne les cellules souches embryonnaires, tout le débat tourne autour du statut que nous accordons à l’embryon. En fonction des religions, de la définition scientifique choisie comme référence, du pays, de la sensibilité personnelle… les avis diffèrent complètement. La finalité prend beaucoup d’importance. On accepte, en effet, plus facilement d’utiliser des embryons lorsqu’il y a un espoir de sauver une vie plutôt que pour la recherche. Une source de cellules souches embryonnaires moins choquante est celle des embryons surnuméraires, voués, de toute façon, à la destruction. Certains proposent également le clonage thérapeutique. La destruction d’embryons non créés dans un projet parental serait, selon eux, plus acceptable. Néanmoins, cette technique nécessite de nombreux ovocytes. La crainte de franchir les limites de l’eugénisme et de l’instrumentalisation de la femme ralentissent les recherches.

Les cellules souches amènent donc divers débats éthiques. La question principale étant : «Peut-on freiner la recherche par manque d’accord éthique ou par peur des débordements ? »

Conclusions

Les cellules souches sont au cœur de nombreux débats. Ces débats se situent à différents niveaux de complexité et sont parfois difficiles à suivre. Dans le but de les clarifier et de les démystifier, nous avons commencé par explorer les différentes possibilités qu’offrent et que sont susceptibles d’offrir les cellules souches. Nous avons également mis en évidence les différentes sortes de cellules souches et leurs caractéristiques. L’utilisation des cellules souches permet d’ores et déjà d’intervenir efficacement dans le traitement de certaines maladies sanguines graves telles que la leucémie. Ces cellules souches sont également très prometteuses dans le cadre du traitement d’autres pathologies telles que Parkinson ou Alzheimer, ainsi que pour la revalidation de grands blessés et des grands brûlés. Néanmoins, malgré l’immense potentiel que représentent les cellules souches sur le plan médical, leurs expérimentations et leurs utilisations sont une porte ouverte aux dérives les plus extrêmes. La technologie des cellules souches est souvent comparée à la technologie du nucléaire qui est une source d’énergie électrique sans pareil, mais qui est également à la base de l’arme de destruction massive la plus dévastatrice. Le dilemme est tel que les pays de l’Union Européenne n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une législation commune en la matière.

Parmi les problèmes éthiques liés aux recherches et à l’utilisation des cellules souches, nous avons évoqué la nécessité de détruire des embryons humains pour prélever les cellules souches embryonnaires, qui sont les cellules qui ont le plus grand potentiel du point de vue thérapeutique. Il a été soulevé que suivant le statut que l’on confère à l’embryon, cette destruction, ou « mort » pour certains, peut être plus ou moins supportable. Nous nous sommes rendu compte que l’approvisionnement en embryons humains créait également des débats éthiques virulents. En effet, ces embryons peuvent être des embryons surnuméraires récupérés après une fécondation in vitro. Mais si on ne se contentait que d’eux, ils seraient trop peu nombreux pour pouvoir être utilisés dans le traitement d’un grand nombre de patients. Il faudrait alors pouvoir les prélever ailleurs. Il est possible de créer des embryons humains à partir de dons d’ovocytes. Mais ces dons sont très contraignants pour la donneuse et peuvent, s’ils sont rémunérés, conduire à une certaine instrumentalisation de la femme. Les embryons humains peuvent également être obtenus par clonage. Mais l’accumulation de connaissances et l’impossibilité de pouvoir exercer un contrôle omniscient seraient notamment propices à l’expérimentation du clonage de l’homme.

Nous avons vu qu’il existait d’autres sortes de cellules souches : les cellules souches dites adultes qui peuvent être prélevées sur tout être humain sans pour autant mettre sa vie en péril. Ces cellules sont moins intéressantes et nous avons vu que les cellules souches perdent de leur potentiel au fur et à mesure du développement de l’être humain. Dès lors, les cellules souches adultes les plus intéressantes sont celles qui sont prélevées dans le cordon ombilical de l’enfant lors de sa naissance. Le prélèvement du sang de cordon est sans danger pour la mère et l’enfant. Mais le potentiel de ces cellules de cordons est à l’origine de la création de banques privées de sang de cordons qui peuvent être discutable sur le plan éthique. De plus, l’intérêt que suscitent les cellules souches des nouveau-nés laisse craindre la banalisation du phénomène de bébé-médicament qui consiste en la conception d’un enfant dans le but de pouvoir utiliser ses cellules souches pour traiter la pathologie d’un proche. A ces divers problèmes éthiques, nous avons encore ajouté le problème des brevets dans le secteur pharmaco-médical qui rendent inégaux les accès aux soins de santé.

Nous pouvons conclure que les recherches sur les cellules souches, ainsi que leurs utilisations représentent un cout éthique plus ou moins important suivant les points de vue. Ce coût, il convient de l’évaluer et de le comparer aux gains escomptés.  Le cas des cellules souches ramène à une question très courante lorsque l’on se penche sur une avancée technologique majeure : « Peut-on freiner la recherche par manque d’accord éthique ou par peur de débordement ? »

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